Eclats de vers : Matemat : Naturels
Table des matières
\label{chap:naturels}
1. Dépendances
- Chapitre \ref{chap:ensembles} : Les ensembles
- Chapitre \ref{chap:operations} : Les opérations
- Chapitre \ref{chap:algebre} : L'algèbre
- Chapitre \ref{chap:ordres} : Les ordres
- Chapitre \ref{chap:extrema} : Les extrema
2. Introduction
Nous allons étudier l'ensemble des naturels :
\[\setN = \{ 0,1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,... \}\]
2.1. Non nul
On note :
\[ \setN_0 = \{ 0,1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,... \} \]
3. Addition
L'addition usuelle sur \(\setN\), notée \(+ : \setN \times \setN \mapsto \setN\), est définie par :
\[ m + 0 = 0 \]
\[ m + n^+ = m^+ + n \]
pour tout \(m,n \in \setN\).
En utilisant récursivement la définition, on arrive à :
\begin{align} m + 1 &= m + 0^+ = m^+ + 0 = m^+ \\ m + 2 &= m + 0^{++} = m^+ + 0^+ = m^{++} + 0 = m^{++} \\ \vdots & \\ m + n &= ... = m^{+...+} \end{align}où \(+...+\) désigne l'opération de succession appliquée \(n\) fois. L'addition de \(n\) revient donc à effectuer \(n\) opérations de succession.
3.1. Dualité
Posant \(i = m\) et \(j = n^+\), on voit clairement que :
\[i + j = i^+ + j^-\]
3.2. Neutre additif
Pour \(m \in \setN\) quelconque, on a :
\[0 + m = 0^{+...+}\]
où \(+...+\) désigne l'opération de succession appliquée \(m\) fois. Mais comme \(0^{+...+} = m\), on a :
\[0 + m = m\]
On a donc \(0 + m = m + 0 = m\). On dit que \(0\) est neutre pour l'addition. On voit clairement d'après la définition que \(0\) est le seul neutre pour l'addition.
3.3. Commutativité
Soit \(m,n \in \setN\). Par définition de l'addition, on a :
\[m + n = m^{+...+} = 0^{+.....+}\]
où \(+.....+\) réprésente \(m\) suivies de \(n\) opérations de successions. On a aussi :
\[n + m = n^{+...+} = 0^{+.....+}\]
où \(+.....+\) réprésente \(n\) suivies de \(m\) opérations de successions. Les deux résultats étant identiques,on a :
\[m + n = n + m\]
On dit que l'addition sur \(\setN\) est commutative.
3.4. Associativité
Soit \(m,n,p \in \setN\).
Développons l'addition \(m + (p + n)\). On a :
\[m + (p + n) = m + p^{+...+}\]
où \(+...+\) désigne l'opération de succession appliquée \(n\) fois. Il vient ensuite :
\( m + (p + n) = m^+ + p^{+...+-} \)
\( \vdots \)
\( m + (p + n) = m^{+...+} + p^{+...+-...-} \)
où \(+...+-...-\) désigne l'opération de succession appliquée \(n\) fois, suivie de l'opération de prédécession appliquée \(n\) fois également. Mais comme le prédécesseur du sucesseur est égal à lui-même par définition, on a \(p^{+-} = p\). On constate en développant que la même propriété doit être vérifiée lorsque les opérations de succession et de prédécession sont appliquées un nombre quelconque mais identique de fois. On a donc :
\[p^{+...+-...-} = p\]
En tenant compte de ces résultats dans le développement de la somme ci-dessus, on arrive à :
\[m + (p + n) = m^{+...+} + p\]
Mais \(m^{+...+}\) n'est rien d'autre que la somme \(m + n\), et :
\[m + (p + n) = (m + n) + p\]
L'addition étant commutative, on peut inverser \(p\) et \(n\) pour obtenir :
\[m + (n + p) = (m + n) + p\]
On peut donc associer les termes d'une somme comme on le désire, le résultat restera identique. On dit que l'addition sur \(\setN\) est associative. On note aussi :
\[m + n + p = m + (n + p) = (m + n) + p\]
4. Ordre
Soit \(m,n \in \setN\). On dit que \(n\) est plus petit ou égal à \(m\), et on le note :
\[n \le m\]
si on peut trouver un \(p \in \setN\) tel que :
\[m = n + p\]
En évaluant les additions \(n+1\) et \(n^- + 1\), on obtient :
\[ n^- + 1 = n \]
\[ n + 1 = n^+ \]
Le choix \(p = 1\) nous montre alors que :
\[n^- \le n \le n^+\]
4.1. Plus grand ou égal
On note aussi :
\[m \ge n\]
pour signifier que \(n \le m\).
4.2. Total
Soir \(m,n \in \setN\). Comme \(m\) est, directement ou indirectement, un successeur ou un prédécesseur de \(n\), on a soit :
\[m \le n\]
soit :
\[n \le m\]
L'ordre usuel sur \(\setN\) est total.
4.3. Ordre strict
On note :
\[n \strictinferieur m\]
ou :
\[m \strictsuperieur n\]
lorsque \(n \le m\) et \(m \ne n\).
4.4. Extrema
Comme tous les éléments de \(\setN\) sont supérieurs au égaux à \(0\), on a clairement :
\[\minor \setN = \{ 0 \}\]
et :
\[\inf \setN = \min \setN = 0\]
Par contre, si on suppose avoir trouvé \(s \in \major \setN\), on a \(s \le s^+ \in \setN\) ce qui contredit l'hypothèse de majorant. L'ensemble des majorants est donc vide, et le supremum n'existe pas dans \(\setN\). On dit alors que le suprémum est infini et on note :
\[\sup \setN = +\infty\]
5. Ordre et addition
Soit \(a,b,c,d \in \setN\). Supposons que :
\[a \le b\] \[c \le d\]
On peut donc trouver \(p,q \in \setN\) tels que :
\[ b = a + p \]
\[ d = c + q \]
En additionnant ces deux équations, on obtient :
\[b + d = a + p + c + q = (a + c) + (p + q)\]
Comme \(p + q\) est également un naturel, on en conclut que :
\[a + c \le b + d\]
L'ordre est donc conservé lorsqu'on ajoute au moins autant au grand nombre qu'au petit. On parle d'invariance sous l'addition.
6. Positivité
\label{sec:positivite_des_naturels}
Soit \(n \in \setN\). La neutralité de \(0\) pour l'addition nous permet d'écrire :
\[n = 0 + n\]
On en déduit que :
\[n \ge 0\]
pour tout \(n \in \setN\) et :
\[n \strictsuperieur 0\]
lorsque \(n \ne 0\).
7. Soustraction
7.1. \(m \ge n\)
Soit l'ensemble :
\[\Delta = \{ (m,n) \in \setN^2 : n \le m \}\]
Choisissons \((m,n) \in \Delta\). On peut trouver \(p \in \setN\) tel que :
\[m = n + p\]
Comme :
\[n + p = p + n = p^{+...+} = m\]
on voit que :
\[p = m^{-...-}\]
où \(-...-\) désigne \(n\) opérations de prédécessions. Le \(p\) ainsi défini est donc unique. On dit que \(p\) est la soustraction de \(m\) et \(n\), et on le note :
\[p = m - n\]
7.2. \(m \le n\)
Si \(m \strictinferieur n\), calculer la soustraction :
\[p = m - n = m^{-...-} = 0^{+...+-...-}\]
reviendrait à effectuer plus d'opérations de prédécessions que de sucessions. Nous serions donc amenés à devoir évaluer le prédécesseur de l'élément racine \(0\), qui n'existe pas dans \(\setN\). Cette opération n'est par conséquent pas définie.
7.3. Neutralisation
La définition implique directement l'équivalence :
\( m = n = n + 0 \)
\( \Longleftrightarrow \)
\( m - n = 0 \)
7.4. Associativité
Soit \(m,n,p \in \setN\) avec \(n + p \le m\). On a trivialement :
\[(m - n) - p = m - (n + p)\]
On note aussi :
\[m - n - p = (m - n) - p = m - (n + p)\]
7.5. Commutativité
Soit \(m,n,p \in \setN\) avec \(n + p \le m\). On voit que :
\[m - n - p = m - (n + p) = m - (p + n) = m - p - n\]
7.6. Associativité mixte
Soit \(m,n,p \in \setN\) avec \(p \le n\). On a trivialement :
\[(m + n) - p = m + (n - p)\]
On note aussi :
\[m + n - p = (m + n) - p = m + (n - p)\]
7.7. Commutativité mixte
Soit \(m,n,p \in \setN\) avec \(m,p \le n\). On a trivialement :
\begin{align} m + n - p = (m + n) - p &= (n + m) - p \\ &= n + (m - p) \\ &= (m - p) + n \\ &= m - p + n \end{align}8. Ordre et soustraction
Soit \(a,b,c,d \in \setN\). Supposons que :
\[a \le b\] \[c \ge d\]
On peut donc trouver \(p,q \in \setN\) tel que :
\[b = a + p\]
\[d + q = c\]
En soustrayant ces deux équations, on obtient :
\[b - d - q = a + p - c\]
\[b - d = a - c + p + q\]
Comme \(p + q\) est aussi un naturel, on en conclut que :
\[a - c \le b - d\]
L'ordre est donc conservé lorsqu'on soustrait au moins autant au petit nombre qu'au grand. On parle d'invariance pour la soustraction.
9. Multiplication
9.1. Définition
La multiplication usuelle entre deux nombres \(m,n \in \setN\) est le nombre de cases que contient un tableau qui comporte \(m\) lignes et \(n\) colonnes. On la note \(\cdot : \setN \times \setN \mapsto \setN\).
9.1.1. Taille d'un tableau
Soit \(m,n \in \setN\). Un tableau de taille \((m,n)\) est un tableau de \(m\) lignes et \(n\) colonnes.
9.1.2. Notation
Lorsque cela ne pose pas de problème d'ambiguité, on note aussi :
\[m \ n = m \cdot n\]
pour tout \(m,n \in \setN\).
9.1.3. Priorité
Afin d'alléger les notations, nous convenons que la multiplication est toujours prioritaire sur l'addition. On pose donc :
\[ m \cdot n + p = ( m \cdot n ) + p\]
pour tout \(m,n,p \in \setN\).
9.2. Récurrence
Soit \(m,n \in \setN\). Augmenter le nombre de colonnes de \(1\) augmente le nombre de cases total du nombre de lignes \(m\) :
\[ m \cdot n^+ = m \cdot n + m\]
Augmenter le nombre de lignes de \(1\) augmente le nombre de cases total du nombre de colonnes \(n\) :
\[ m^+ \cdot n = m \cdot n + n \]
Posant \(i = m\) et \(j = n^+\), on en déduit que :
\[ i \cdot j = i \cdot j^- + i \]
Posant \(k = m^+\) et \(l = n\), on en déduit que :
\[ k \cdot l = k^- \cdot l + l \]
9.3. Neutre multiplicatif
Soit \(m,n \in \setN\). Il va de soi qu’un tableau contenant une seule ligne de \(n\) colonnes contient au total \(n\) cases :
\[ 1 \cdot n = n \]
et qu’un tableau contenant une seule colonne de \(m\) lignes contient au total \(m\) cases :
\[ m \cdot 1 = m \]
On a donc \(1 \cdot i = i \cdot 1 = i\) pour tout \(i \in \setN\). On dit que \(1\) est neutre pour la multiplication.
9.4. Commutativité
Soit \(m,n \in \setN\). Un tableau de taille \((m,n)\) contient autant de cases qu’un tableau de taille \((n,m)\). On a donc :
\[ m \cdot n = n \cdot m \]
La multiplication de naturels est commutative.
9.5. Distributivité
Soit \(m,n,p \in \setN\). En plaçant côte à côte un tableau \(T\) de taille \((m,n)\) avec un tableau \(U\) de taille \((m,p)\), on obtient un nombre de cases total :
\[ m \cdot n + m \cdot p \]
Mais le tableau formé en associant \(T\) et \(U\) est de taille \((m,n+p)\), ce qui nous donne un nombre de cases :
\[ m \cdot (n + p) \]
Ces deux expressions comptant le nombre de cases du même tableau, elles doivent être égales et on a :
\[ m \cdot (n + p) = m \cdot n + m \cdot p \]
On dit que la multiplication se distribue sur l'addition.
Par commutativité, on a également :
\[ (n + p) \cdot m = n \cdot m + p \cdot m \]
9.5.1. Sur la soustraction
Soit \(m,n,p \in \setN\) avec \(p \le n\) et :
\[q = n - p\]
On a :
\[m \cdot (p + q) = m \cdot p + m \cdot q\]
Mais comme \(p + q = n\), il vient :
\[m \cdot n = m \cdot p + m \cdot (n - p)\]
On en déduit que :
\[m \cdot (n - p) = m \cdot n - m \cdot p\]
Par commutativité de la multiplication, on a également :
\[(n - p) \cdot m = n \cdot m - p \cdot m\]
On dit que la multiplication se distribue sur la soustraction.
9.6. Absorption
Soit \(m,n \in \setN\). Il va de soi qu’un tableau ne contenant aucune ligne contient zéro case :
\[ m \cdot 0 = 0 \]
tout comme un tableau ne contenant aucune colonne :
\[ 0 \cdot n = 0 \]
On dit que l’élément \(0\) est un absorbant pour la multiplication.
On peut obtenir le même résultat en utilisant la distributivité :
\[ m \cdot 0 = m \cdot (n - n) = m \cdot n - m \cdot n = 0 \]
\[ 0 \cdot m = (n - n) \cdot m = n \cdot m - n \cdot m = 0 \]
9.6.1. Unicité de l'absorbant
Nous allons voir que l'absorbant est unique. Soit \(a_1, a_2 \in \setN\) tels que :
\[a_1 \cdot n = a_2 \cdot n = 0\]
pour tout \(n \in \setN\). On en déduit que :
\[a_1 \cdot n - a_2 \cdot n = 0\]
En utilisant la distributivité, on obtient :
\[(a_1 - a_2) \cdot n = 0\]
Mais comme ce résultat doit être valable pour tout \(n \in \setN\), il est valable pour \(n = 1\) et on a :
\[(a_1 - a_2) \cdot 1 = a_1 - a_2 = 0\]
Autrement dit, \(a_1 = a_2\). L'absorbant est donc unique.
9.7. Associativité
Soit \(m,n,p \in \setN\). On a :
\[m \cdot (n \cdot p) = m + ... + m\]
où le membre de droite compte \(n \cdot p\) termes « \(m\) ». Par associativité de l'addition, on peut les regrouper en \(p\) parenthèses contenant chacune \(n\) termes :
\[m \cdot (n \cdot p) = (m + ... + m) + ... + (m + ... + m)\]
ce qui revient à :
\[m \cdot (n \cdot p) = (m \cdot n) + ... + (m \cdot n)\]
Mais comme il y a \(p\) parenthèses, on a :
\[m \cdot (n \cdot p) = (m \cdot n) \cdot p\]
La multiplication est donc associative. On note aussi :
\[m \cdot n \cdot p = m \cdot (n \cdot p) = (m \cdot n) \cdot p\]
9.8. Produit nul
Soit \(m,n \in \setN\) tels que :
\[m \cdot n = 0\]
Nous allons prouver qu'au moins un des deux facteurs doit être nul. Supposons que \(m, n \ne 0\). On a alors :
\[m \cdot n = n + ... + n = 0\]
Mais comme \(n \ne 0\), on a :
\[n \strictsuperieur 0\]
et :
\[0 = n + ... + n \ge n \strictsuperieur 0\]
ce qui est impossible. On a donc l'implication :
\[m \cdot n = 0 \quad \Rightarrow \quad m = 0 \quad \mathrm{ou} \quad n = 0\]
10. Notation décimale
Soit le tuple :
\[(i_0,i_1,i_2,...i_{n - 1},i_n) \in \{ 0,1,2,3,4,5,6,7,8,9 \}^{n + 1}\]
La notation décimale associée est définie par :
\[i_n i_{n - 1} ... i_2 i_1 i_0 = i_0 + i_1 \cdot 10 + i_2 \cdot 10^2 + ... + i_{n - 1} \cdot 10^{n - 1} + i_n \cdot 10^n\]
Exemple :
\[7512 = 2 + 1 \cdot 10 + 5 \cdot 10^2 + 7 \cdot 10^3\]
11. Division entière ou euclidienne
11.1. Introduction
Soit \(m,n \in \setN\). On définit la division entière \(\diventiere : \setN \times \setN \to \setN\) par :
\[ m \diventiere n = \sup \{ k \in \setN : k \cdot n \le m \} \]
On dit que \(m\) est le dividende, \(n\) le diviseur et \(m \diventiere n\) le quotient de \(m\) par \(n\).
11.2. Existence
Soit \(m,n \in \setN\) avec \(n \ne 0\) et :
\[A_{mn} = \{ k \in \setN : k \cdot n \le m \}\]
Pour tout naturel \(p\) vérifiant \(p \strictsuperieur m\), on a :
\[p \cdot n = p + ... + p \strictsuperieur p \strictsuperieur m\]
On en conclut que :
\[A_{mn} \subseteq \{ 0, 1, ..., m - 1, m \}\]
L'ensemble \(A_{mn}\) contient donc un nombre fini d'éléments. Comme l'ordre usuel sur \(\setN\) est total, on en conclut que \(A_{mn}\) admet un maximum identique au suprémum. La division entière de \(m\) par \(n\) est donc bien définie :
\[m \diventiere n = \max A_{mn} = \sup A_{mn}\]
L'inclusion nous donne l'inégalité des maxima :
\[\max A_{mn} \le \max \{ 0, 1, ..., m - 1, m \} = m\]
On en déduit que :
\[m \diventiere n \le m\]
11.3. Modulo, reste
Soit \(m,n \in \setN\). Par définition, on voit que :
\[(m \diventiere n) \cdot n \le m\]
Il est donc licite de définir le naturel :
\[r = m - (m \diventiere n) \cdot n\]
On dit que \(r\) est le modulo de \(m\) par rapport à \(n\) et on le note :
\[m \modulo n = m - (m \diventiere n) \cdot n\]
On dit aussi que \(r = m \modulo n\) est le reste de la division entière de \(m\) par \(n\).
11.3.1. Bornes
Soit \(m,n \in \setN\) et \(k = m \diventiere n\). On sait déjà que :
\[m \modulo n \ge 0\]
par la positivité des naturels. Supposons de plus que :
\[m \modulo n = m - k \cdot n \ge n\]
on a alors :
\[m \ge n + k \cdot n = (k + 1) \cdot n\]
ce qui est contraire au caractère de supremum de \(k\). Par conséquent :
\[0 \le m \modulo n \le n - 1\]
11.3.2. Division exacte
Soit \(m,n \in \setN\). Si \(m \modulo n = 0\), on dit que la division entière est exacte. Dans ce cas, la décomposition s'écrit simplement :
\[m = (m \diventiere n) \cdot n\]
11.4. Décomposition
Soit \(m,n \in \setN\). Par définition du modulo, a la décomposition :
\[ m = (m \diventiere n) \cdot n + m \modulo n \]
On note souvent ce résultat sous la forme :
\[ m = k \cdot n + r \]
où \(k = m \diventiere n\) est le quotient et \(r = m \modulo n\) le reste de la division euclidienne.
11.4.1. Unicité
Soit \(m,n,k,r \in \setN\) avec \(n \ne 0\). Supposons que :
\[m = k \cdot n + r\]
Par positivité des naturels, on a \(r \ge 0\) et :
\[k \cdot n \le m\]
d'où l'on conclut par définition du suprémum que \(k \le m \diventiere n\). Si on a également :
\[r \le n - 1\]
on a alors :
\[(k + 1) \cdot n = k \cdot n + n \strictsuperieur k \cdot n + r = m\]
On en conclut que \(k + 1 \strictsuperieur m \diventiere n\). Donc :
\[m \diventiere n = k\]
et :
\[m \modulo n = r\]
11.5. Cas particuliers
11.5.1. Division par zéro
Soit \(m \in \setN\). Essayons d'évaluer la division \(m \diventiere 0\). Par absorption de \(0\), on voit que :
\[k \cdot 0 = 0 \le m\]
pour tout \(k \in \setN\). Par conséquent :
\[\{ k \in \setN : k \cdot 0 \le m \} = \setN\]
Le supremum n'existe pas dans \(\setN\) et la division par zéro n'est par conséquent pas définie. On le note symboliquement :
\[m \diventiere 0 = \sup \setN = +\infty\]
11.5.2. Division par un
Soit \(m \in \setN\). On a :
\[m = m \cdot 1 \le m\]
et :
\[(m + 1) \cdot 1 = m + 1 \strictsuperieur m\]
On en déduit que :
\[m \diventiere 1 = m\]
11.5.3. Zéro divisé
Soit \(n \in \setN\) avec \(n \ne 0\). On a :
\[\{ k \in \setN : k \cdot n \le 0 \} = \{ 0 \}\]
La division entière de \(0\) par \(n\) est donc nulle :
\[0 \diventiere n = \sup \{ 0 \} = 0\]
11.6. Division de deux produits
Soit \(m,n,q,i,j,k \in \setN\) avec \(n,j \ne 0\) tels que :
\[m = q \cdot n\] \[i = k \cdot j\]
On a alors les divisions exactes :
\[m \diventiere n = q\] \[i \diventiere j = k\]
De plus :
\[m \cdot i = q \cdot k \cdot n \cdot j\]
ce qui signifie que :
\[(m \cdot i) \diventiere (n \cdot j) = q \cdot k\]
On a donc :
\[(m \cdot i) \diventiere (n \cdot j) = (m \diventiere n) \cdot (i \diventiere j)\]
11.7. Plus grand commun diviseur
Soit \(m,n \in \setN\) avec \(n \ne 0\). On définit le plus grand commun diviseur de \(m\) et \(n\) par :
\[\pgcd(m,n) = \sup \{ k \in \setN : m \modulo k = n \modulo k = 0 \}\]
Comme les divisions sont exactes, on a :
\[m = \big[ m \diventiere \pgcd(m,n) \big] \cdot \pgcd(m,n)\]
et :
\[n = \big[ n \diventiere \pgcd(m,n) \big] \cdot \pgcd(m,n)\]
11.8. Plus petit commun multiple
Soit \(m,n \in \setN\). On définit le plus petit commun multiple de \(m\) et \(n\) par :
\[\ppcm(m,n) = \inf \{ k \in \setN : k \modulo m = k \modulo n = 0 \}\]
Comme les divisions sont exactes, on a :
\[\ppcm(m,n) = \big[ \ppcm(m,n) \diventiere m \big] \cdot m\]
et :
\[\ppcm(m,n) = \big[ \ppcm(m,n) \diventiere n \big] \cdot n\]
12. Puissance
Soit \(m,n \in \setN\) avec \(n \ne 0\). Les puissances naturelles sont définies par :
\begin{align*} m^0 &= 1 \\ m^n &= m \cdot m^{n-1} \end{align*}En appliquant récursivement la définition, on obtient :
\begin{align*} m^n &= m \cdot m^{n-1} \\ &\vdots& \\ m &= m \cdot \ldots \cdot m \end{align*}où le membre de droite compte \(n\) facteurs « \(m\) ».
12.1. Priorité
Nous convenons des règles de priorité :
\[m + n^p = m + (n^p)\]
\[m \cdot n^p = m \cdot (n^p)\]
valables pour tout \(m,n,p \in \setN\).
12.2. Somme en exposant
Soit \(m,n,p \in \setN\). On a :
\[m^{n+p} = m \cdot ... \cdot m\]
où le membre de droite compte \(n+p\) facteur \(m\). En regroupant les \(n\) premiers facteurs dans une première parenthèse et les \(p\) facteurs restant dans la seconde, on a :
\[m^{n+p} = (m \cdot ... \cdot m) \cdot (m \cdot ... \cdot m)\]
qui n'est rien d'autre que :
\[m^{n+p} = m^n \cdot m^p\]
12.3. Puissance d'un produit
\[\left(m \cdot n\right)^p = m \cdot n \cdot ... \cdot m \cdot n\]
où le membre de droite compte \(p\) facteurs \(m \cdot n\). La commutativité de la multiplication nous permet de les regrouper les \(m\) d'un coté et les \(n\) de l'autre :
\[\left(m \cdot n\right)^p = m \cdot ... \cdot m \cdot n \cdot ... \cdot n\]
c'est-à-dire :
\[\left(m \cdot n\right)^p = m^p \cdot n^p\]
12.4. Puissance d'une puissance
Soit \(m,n,p \in \setN\). On a :
\begin{align} \left(m^n\right)^p &= \left(m \cdot ... \cdot m\right)^p \\ &= m \cdot ... \cdot m \end{align}où le membre de droite compte \(n \cdot p\) facteurs. On en conclut que :
\[\left(m^n\right)^p = m^{n \cdot p}\]
13. Factorielle
Soit \(n\in\setN\), \(n \ne 0\). On définit la factorielle de \(n\) par :
\begin{align*} 0 ! &= 1 \\ n ! &= n \cdot (n-1) ! \end{align*}On a donc :
\[n ! = n \cdot (n - 1) \cdot (n - 2) \cdot ... \cdot 1 = 1 \cdot 2 \cdot 3 \cdot ... \cdot n\]
13.1. Priorité
On convient que :
\[x \cdot y ! = x \cdot (y !)\]
14. Monoïde
\((\setN,+)\) et \((\setN,\cdot)\) sont des monoïdes.